[Théorie Synthétique de l'Evolution]
Deux contre-argumentaires à la « Théorie Synthétique de l'Evolution »



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Cette page concerne les mécanismes intimes qui devraient être le moteur de la « spéciation », c’est à dire de l’apparition des nouvelles espèces.

 Emile Guyénot, évolutionniste de renom, affirme, dans son livre « Les inconnues du Transformisme » :
  • « Les mutations, seuls processus évolutifs connus correspondent toujours à des phénomènes de régression ou de répétition. Aucune n’a jamais produit un organe nouveau
  • « La perte des ailes pour un oiseau est une calamité ; il faut avoir une mentalité singulière pour y voir une adaptation à la vie terrestre. »
  • « Quant à l’apparition de l’œil, « elle se heurte à une véritable impossibilité. », écrivait Darwin


Sur Wikipedia, en 2007,  à l'article sur la Théorie Synthétique de l’Evolution, dernière-née des chercheurs du CNRS évolutionniste, l'article ne donne pas de cause claire, démontrable, des mécanismes...
 Les explications à la théorie de l’évolution n’existent pas, même théoriquement ! Les évolutionnistes postulent ce principe, puis observent qu’il n’est pas contredit : cette théorie ne démontre rien...

Car la Théorie Synthétique de l’Evolution (TSE) propose deux types de causes au phénomène de spéciations successives :
  1. des causes intrinsèques
  2. des causes extrinsèques

  1. Les causes intrinsèques sont celles, classiques, de la Sélection Naturelle de Darwin et de ses successeurs et élèves (tels que les néo-darwinistes ); ces causes sont considérées aujourd’hui comme étant largement insuffisantes pour expliquer la supposée spéciation des espèces
  2. Les causes extrinsèques, qui seraient environnementales, et qui conditionneraient les espèces à disposer de plus ou moins grandes quantités de phosphates ( PO4 ), de calcite ( CaCO3), de potassium ( K+ ) ou encore d’oxygène marin ( O2 ) ; les concentrations de ces éléments modifieraient donc le métabolisme des individus, et par conséquent, exerceraient une pression sélective supplémentaire pour l’apparition de nouvelles espèces. C’est le modèle probabiliste de l'évolution.
Ce qui suit est d’une compréhension plus difficile

Ces théoriciens proposent une interaction probabiliste entre les variations de l'ensemble des stimuli de l'environnement et les réactions des organismes : ils proposent, comme alternative à la T.S.E., un modèle probabiliste d'interaction entre l'évolution environnementale et l'évolution des organismes. Les paramètres de l'environnement ne se réduisent pas aux seuls stimuli chimiques que nous avons étudiés dans les couches géologiques de l’ère primaire, mais s'étendent à tous ceux qui sont importants (carbone, azote N, hydrogène H, phosphore P, soufre S, pour n'en citer que quelques-uns), aux stimuli physiques (ondes électromagnétiques, ondes sonores et vibrations, phéromones, températures, etc. ), aux situations écologiques variées, aux relations prédateurs/proies, etc.
Cette interaction a été illustrée par l'étude de la variation de plusieurs stimuli chimiques (Calcium, Iode, Oxygène ) et ses conséquences sur celle des organismes. Mais en fait, non seulement, c’est oublier que ce modèle provient rigoureusement de l’observation et l’étude des couches géologiques, mais aussi, n’explique en rien la macro et la méga-évolution : l’anagenèse, en fonction des changements de la zone adaptative, la cladogenèse en fonction de l'occupation de niches écologiques nouvelles, le gradualisme ou « équilibres ponctués » trouvent leur origine dans les mutations aléatoires du génome (Tintant, 1983). Celles-ci, qui interviennent dans les processus de spéciation, ont une capacité explicative très insuffisante en ce qui concerne la chronologie de l'apparition des classes et des embranchements. L'origine de la plus grande partie des phyla* actuels au Cambrien basal et moyen, avec ou sans squelette ( certains auteurs en envisagent l'apparition à cette époque de 60 à 100 phylums ( ou « phyla », au pluriel, comme Baupläne et Valentine en 1986 ), ne trouve pas sa place dans la T.S.E. Il en est de même pour les extinctions de masse, et la tendance générale de l'évolution vers plus de complexité, d'efficacité et d'indépendance vis-à-vis du milieu (organismes diploblastiques*, triploblastiques*, amniotes*, homéothermes* ). Tous ces phénomènes majeurs échappent au modèle standard de la T.S.E. Les corrélations que nous avons établies entre certains paramètres de l'environnement ( Calcium, Iode, Oxygène ) et l'évolution induite de la biodiversité ne trouvent pas non plus d'explication dans le cadre de la T.S.E. C’est pourquoi un concept supplémentaire est nécessaire : c’est le Principe d'Optimisation.. Je l’explique. Les sciences physiques sont tout entières dominées par des principes de conservation. Le mouvement se conserve : loi d'inertie ou première loi de Newton, conservation du moment cinétique, du moment angulaire, etc. L'énergie se conserve, aux réserves quantiques près : conservation ou transformation des énergies électrique, cinétique, chimique, constantes physiques ( c, vitesse des ondes électromagnétiques ; G, constante de gravitation ; h, constante de Planck). Parallèlement aux principes de conservation, la modélisation des phénomènes physiques s'interprète en termes de principes d'économie ou d'optimisation. Dans la gravitation einsteinienne*, l'attraction newtonienne, concept dynamique, est remplacée par un concept cinématique*, la géodésique d'espace-temps ( = la trajectoire la plus courte parcourue par une particule d'épreuve dans un espace quadridimensionnel plus ou moins courbé par les masses et l'énergie ). La physique quantique utilise le concept de niveau fondamental minimal d'énergie (état non excité de l'atome). En mécanique quantique, le quantum d'action de Planck h, action minimale, est la pierre angulaire de tous les phénomènes physiques. En mécanique classique, domine le Principe de moindre action de Maupertuis. L'importance de ce Principe se retrouve dans l'électrodynamique quantique où les équations du mouvement, dans les théories des champs, découlent d'un Principe de moindre action quantique ( Hildebrandt 1998). Dans ces différents domaines, le mouvement, l'énergie, l'action sont minimaux. Ce qu'on peut traduire en un Principe d'économie ou d'optimisation des phénomènes physiques.

Si vous comprenez convenablement ce qui précède, en fait, ces derniers théoriciens postulent encore une fois l’unicité des lois de la nature appliquée aux organismes vivants et, de plus, ces théoriciens avouent : « Comme tout Principe, le Principe d'optimisation, comme le Principe de sélection naturelle, est indémontrable. C'est un postulat...Qui n'a de valeur que par sa fécondité et tant qu'il n'est pas démenti par les faits (Popper 1980) : et pour cause.

Les évolutionnistes postulent ce principe, puis observent qu’il n’est pas contredit : cette théorie ne démontre rien...



Toutefois, continuons…Ce principe (qui est postulé, et donc non démontré), se présente comme une alternative au Principe de Sélection Naturelle. Celle-ci est censée trier, parmi les variations génétiques, celles qui sont favorables à l'individu ou à l'espèce, lorsqu'elles ne sont pas neutres (Kimura 1990). C'est donner, en dépit des dénégations vigoureuses de ses partisans (Mayr 1993 - 2000), une signification finaliste aux phénomènes biologiques, les orientant vers une fin panglossienne* (Gould, Lewontin 1979).

www.sb-roscoff.fr/BibDoc/tesonline/jolly.pdf

 

 

2ème contre argumentaire : article de Wikipedia / 2011 :

 

Prenons l'article deWikipedia :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Théorie_synthétique_de_l'évolution#M.C3.A9canismes_de_l.27.C3.A9volution

 

 

BIENTÖT (EN DECEMBRE) LE CONTRE ARGUMENTAIRE EN INTERLIGNE (couleur différente en interligne)

Mécanismes de l'évolution[modifier]

Illustrations de cinq types de mutations chromosomiques. [IMAGE]

L'évolution dépend de divers processus qui tendent à modifier la fréquence des allèles au sein de populations : mutation : dérive génétique, étranglement génétique ; flux de gènes, brassage génétique ; sélection naturelle : sélection stabilisante, directionnelle ou diversifiante ; sélection sexuelle : accouplement non aléatoire, ... ; pédomorphose ; pléiotropie : pléiotropie antagoniste ; ...

L'évolution des espèces est permise par les mutations que subissent les gènes portés par les chromosomes (constitués d'ADN). Tout être vivant possède de l'ADN (cela corrobore l'idée d'une origine commune des espèces) : cette molécule est constituée de deux hélices complémentaires au niveau de leurs bases azotées. Des mutations peuvent affecter cet ADN ; elles sont provoquées par des agents mutagènes tels que rayons X, alpha, UV, ou tout simplement par la défaillance des organites responsables de la réparation de l'ADN mal transcrit ou traduit. La théorie des monstres prometteurs met le stress provoqué par des facteurs externes au premier plan de ces facteurs de mutation. Ces mutations affectent la séquence d'un gène concerné (ordre des bases nucléotides d'un gène : adénine, thymine, guanine et cytosine).
Ces mutations sont à l'origine du polymorphisme des gènes, c'est-à-dire le fait que deux versions d'un même gène (deux allèles) par exemple, sont présentes chacune dans au moins un pour cent de la population de l'espèce considérée. Ces mutations créent donc de nouveaux allèles. Mais il ne faut pas oublier le phénomène des familles multigéniques, qui a un impact très important dans l'évolution : un gène peut être dupliqué et transposé sur un autre chromosome, ainsi tous les gènes issus de ce gène ancestral font partie d'une famille multigénique.

L'environnement « encadre » ces mutations par le biais d'un phénomène appelé sélection naturelle : un gène présentant un avantage pour une espèce dans un environnement donné, permettant à ses représentants d'atteindre le mieux possible la maturité sexuelle, se répand chez les individus d'une même espèce, a contrario s'il est néfaste, il disparait. Quant aux gènes neutres, ils se répandent de façon aléatoire mais peuvent permettre de suivre l'évolution (mutation de gènes homéotiques). C'est donc l'environnement qui décide de l'évolution des espèces, celles-ci évoluant pour être toujours plus adaptées à celui-ci. Donc le caractère aléatoire des mutations de l'ADN est compensé par la sélection environnementale.

Il est donc très important de ne pas confondre évolution et innovation, ce qu'il faut retenir, c'est que l'espèce qui survit est l'espèce la mieux adaptée, pendant une certaine durée, à son environnement.

Par ailleurs, il ne faut surtout pas voir l'évolution d'un point de vue généalogique, mais phylogénétique, en effet les espèces ne descendent pas les unes des autres. Des phénomènes comme la dérive génétique font que deux populations d'une même espèce isolées pendant une très longue période de temps divergent et forment deux nouvelles espèces. Par exemple pour la lignée humaine, l'arbre phylogénétique est buissonnant : plusieurs espèces Homo et Australopithèque ont vécu simultanément. Il est aussi à noter que l'homme - contrairement aux idées reçues - ne descend pas "du singe", il a un ancêtre en commun avec lui. Notre patrimoine génétique est très proche de celui des chimpanzés, en effet les différences entre nous et celui-ci ne tiendraient qu'à la différence de quelques gènes déterminants : ils nous permettent de garder des caractères juvéniles toute notre vie, nous permettant de conserver la bipédie (le petit chimpanzé est quasi-bipède) et ils allongent la phase embryonnaire, permettant la mitose de beaucoup plus de neurones.


L'évolution résulte de l'action de plusieurs mécanismes évolutifs susceptibles de modifier la fréquence des génotypes dans une population, et par conséquent de modifier des caractères morphologiques, physiologiques ou comportementaux.
Le processus est dans tous les cas identique, dans le même ordre :

Apparition d'un nouveau caractère héréditaire chez un ou quelques individus.
Ce nouveau caractère se répand dans les populations, soit parce qu'il est plus adapté à l'environnement, soit à cause d'un effet de hasard.

L'apparition de caractères nouveaux et héréditaires[modifier]

Mécanismes non aléatoires :

sélection naturelle
sélection de survie
sélection sexuelle
sélection de parentèle
sélection de groupe
sélection stratégique
sélection artificielle

Mécanismes aléatoires :

mutation génétique
recombinaison
dérive génétique

Conséquences de l'évolution :

spéciation
adaptation des espèces
radiation évolutive

A chaque génération, de nouveaux variants génétiques apparaissent qui peuvent eux-mêmes transmettre leur patrimoine génétique au moment de la reproduction. Ces sources de diversité génétique sont :

  • les mutations ponctuelles dans la séquence d'ADN des gènes ;
  • les réarrangements chromosomiques ;
  • les recombinaisons ou brassages génétiques qui se produisent lors de la reproduction sexuée et, chez les bactéries, lors de transferts d'ADN entre cellules.

On peut ajouter à cette liste une autre source de diversité génétique que sont les migrations par lesquelles le stock génétique dans une population donnée se voit renouvelé par l'arrivée d'autres membres de l'espèce porteurs d'un pool génétique différent.

La mutation[modifier]

Les mutations résultent d'erreurs lors de la réplication des gènes. Ces modifications accidentelles peuvent être transmises à la descendance si elles touchent les cellules germinales, donnant naissance à des individus porteurs de gènes nouveaux, qu'aucun de leurs parents n'exprimaient.

Il existe plusieurs types de mutations (mutations ponctuelles, duplications de gènes, cassures des chromosomes, insertions ou délétions de séquences). Ces différentes modifications suffisent à expliquer la diversité génétique observée dans la nature.

Il peut s'y ajouter des mutations par échange de matériel génétique entre espèces, par différents mécanismes naturels :

Les bactéries sont capables d'intégrer et d'utiliser du matériel génétique (des plasmides) échangé entre deux bactéries, voire simplement présent dans le milieu. Le plus souvent cela ne conduit pas immédiatement à la définition d'une nouvelle espèce, mais le phénomène peut y contribuer et il contribue de façon importante à la sélection naturelle (par exemple, de nombreuses résistances aux antibiotiques se diffusent de cette façon).
Les virus peuvent servir de vecteurs de transfert de matériel génétique d'une espèce vers une autre, même très différente ; le plus souvent, l'infection virale conduit à la mort de la cellule victime, mais ce n'est pas nécessairement le cas, et la cellule cible peut participer à la reproduction (notamment pour les plantes). Un des exemples les mieux connus (et les plus utilisés par la recherche) est celui du tabac et des mosaïques.
Les plantes peuvent s'hybrider, conduisant à de nouvelles espèces (le blé étant un exemple typique).

Finalement, il faut mentionner les symbioses strictes, qui sont des créations de nouvelles espèces à partir d'anciennes, mais sans échange ni fusion du matériel génétique (au moins dans un premier temps). Les lichens et, selon l'hypothèse de l'endosymbiose, les organites dits « autonomes » à l'intérieur des cellules (chloroplastes, mitochondries) relèvent de ce type d'association.

Les mutations augmentent la variabilité génétique au sein d'une population. Cependant, elles sont rarement bénéfiques à l'individu qui les porte car elles peuvent détruire l'activité d'un gène essentiel.

La migration[modifier]

La migration est une force de l'évolution qui augmente la variabilité génétique d'une population. De nouveaux arrivants en provenance d'une population éloignée amènent des allèles nouveaux, augmentant le pool génétique de la population d'accueil.
Le nouveau caractère se répand dans les populations[modifier]

Les mécanismes de l'évolution supposent qu'un ensemble d'individus, regroupés en une espèce sur la base de caractères partagés, évoluent « conjointement. » Se pose donc le problème de la spéciation, c'est-à-dire de l'évolution des espèces au-delà des simples individus.
La dérive aléatoire[modifier]
Article détaillé : dérive génétique.

Lorsqu'une petite population est isolée du reste d'une population-mère (par exemple, par isolement sur une petite île), certains types d'allèles tendent à disparaître, du fait de faible nombre de copies distribuées dans le pool génétique de la population au départ. Au fil des générations, la population dérive alors, acquérant des caractéristiques qui lui sont propres (ex: petitesse (mammouth nain de Sicile), gigantisme (varan de Komodo) parmi les espèces insulaires). La dérive est une force de l'évolution qui diminue la variabilité génétique au sein de la population. La dérive influe sur la fréquence des allèles. Elle ne crée en aucun cas de nouveaux allèles. Certains allèles vont être surreprésentés et d'autres sous-représentés par rapport à la population d'origine.
La sélection naturelle[modifier]
Sélection naturelle et mutation.


Article détaillé : sélection naturelle.

VOIR PAGE DE CONTRE ARGUMENTAIRE "LA SELECTION NATURELLE, L'ABRACADABRA MAGIQUE"

Conséquences de l'évolution[modifier]

 

Apparition d'espèces nouvelles[modifier]

 

Article détaillé : spéciation.

La spéciation désigne l'apparition de nouvelles espèces à partir d'une espèce ancestrale. Une espèce est un ensemble d'individus interféconds (interfertiles), isolés du point de vue reproductif des autres êtres vivants. L'apparition d'une barrière reproductrice (arrêt des échanges génétiques entre elles) au sein de cet ensemble homogène entraine l'apparition de deux groupes isolés (isolement reproductif). Les deux groupes vont ensuite évoluer indépendamment l'un de l'autre, et vont progressivement accumuler des différences génétiques, jusqu'à ce que l'isolement devienne irréversible.

La spéciation dite allopatrique concerne deux ou plusieurs populations isolées géographiquement, séparées les unes des autres par des barrières géographiques (océan, montagne...). Un petit isolat peut aussi se former en périphérie de l'aire globale de distribution de l'espèce. Chaque population va alors pouvoir évoluer indépendamment, d'autant plus rapidement qu'elle est petite (les mutations se fixent plus facilement, pour des raisons mathématiques, dans les petites populations) et ainsi accumuler des remaniements chromosomiques pour finir par former une nouvelle espèce.

La spéciation sympatrique : il arrive aussi qu'un isolement reproducteur apparaisse au sein d'une population qui ne sera jamais séparée géographiquement. Il suffit pour cela que quelques individus changent de période de reproduction ou de signaux pour la parade nuptiale pour que les autres représentants de l'espèce cessent rapidement de s'accoupler avec eux ; il y a alors formation de deux communautés se partageant le même espace, mais s'isolant sur le plan de la reproduction. Les deux populations, en évoluant chacune de leur côté, pourront finir par se transformer en deux espèces complètement différentes.

Comme les spéciations sont des phénomènes relativement courts, qui se produisent dans de petites populations isolées, on observe souvent une certaine discontinuité entre les différentes espèces dans les archives fossiles. Une espèce peut ne pas changer pendant très longtemps, puis être rapidement (à l'échelle géologique) remplacée par une autre.
Les mutations à l'origine des grandes modifications évolutives[modifier]

Certaines mutations minimes permettent à l'évolution d'agir très rapidement. On connait des gènes régulateurs, dits gènes homéotiques, qui déterminent les grandes lignes du développement et du plan d'organisation de chaque partie du corps. Lorsque ces gènes (qui régulent eux-mêmes quelques milliers d'autres gènes) mutent, l'individu obtenu est souvent porteur de caractères nettement différents de ceux de ses parents. Certains « sauts évolutifs » s'expliquent par ce type de « macro-mutations » (que Goldschmidt avait découvert en proposant sa théorie du « monstre prometteur »). Par exemple, l'apparition de doigts et la disparition des rayons au bout de la nageoire des poissons crossoptérygiens (c'est-à-dire la formation des premières ébauches de pattes) s'expliquent par un simple décalage de l'activité de deux gènes homéotiques : Hox-a et Hox-b. Cette étape évolutive-là n'a pas nécessité des milliers, ni même des dizaines de mutations différentes : les gènes homéotiques ont permis l'émergence rapide de caractères radicalement nouveaux. Même si les « macro-mutations » donnent le plus souvent des « monstres » incapables de survivre et même si le processus, lent et sûr, de sélection cumulative de milliers de mutations minuscules a apparemment joué un rôle plus important dans l'évolution, il est de fait que certains « monstres prometteurs » ont permis à l'évolution de faire de grands bonds en avant.

D'autres mutations modifient la chronologie du développement : on parle d'hétérochronies. Elles peuvent être à l'origine de l'apparition d'une espèce plus juvénile (paedomorphique) ou, au contraire, plus adulte (hypermorphique) que son ancêtre. On connait plusieurs exemples d'histoires évolutives qui ont fait intervenir les hétérochronies. L'axolotl, un urodèle mexicain qui passe sa vie entière à l'état larvaire sans jamais se métamorphoser, est paedomorphique par rapport à son ancêtre l'ambystome. Une simple hétérochronie a permis l'apparition d'une espèce complètement différente. De même, il semblerait que l'homme soit paedomorphique par rapport à ses ancêtres simiens, car il garde toute sa vie des caractères juvéniles que le chimpanzé et le gorille perdent. De plus, les phases générales de son développement sont ralenties par rapport à celles des grands singes.

L'apparition de nouveaux gènes s'explique principalement par la duplication de gènes préexistants. On connaît plusieurs « familles de gènes » dont les différents membres sont apparemment issus de plusieurs duplications d'un même gène ancestral. Par la suite, chacun des exemplaires « dupliqués » a pu muter et évoluer indépendamment des autres. Plusieurs familles multigéniques sont de toute évidence apparues grâce à ce processus.

De même, des duplications de l'ensemble du génome (polyploïdisations) ont également pu jouer. Par exemple, on estime que deux épisodes de polyploïdisations se sont produits depuis la séparation des deutérostomiens (soient essentiellement les échinodermes et les chordés dont les vertébrés) et des protostomiens (les invertébrés) sur la branche des vertébrés. On retrouve ainsi que beaucoup de gènes, comme HedgeHog impliqué dans le développement des polarités chez la drosophile, existent en trois ou quatre exemplaires chez les vertébrés (Desert HedgeHog, Indian HedgeHog et Sonic HedgeHog) pour des fonctions similaires.
Approche évo-dévo : évolution et développement[modifier]

Depuis les années 1980, les travaux visant à relier la génétique et l'embryologie apportent un nouvel éclairage sur les mécanismes de l'évolution biologique. Ces nouvelles approches réactualisent certains aspects de théories plus anciennes comme la théorie du monstre prometteur de Goldschmidt.

Ces travaux montrent en effet que les homologies observées au niveau des organismes se retrouvent aussi au niveau du développement. L'existence de gènes "chefs d'orchestre" quasi-identiques chez des espèces aussi diverses que les mouches, les souris et les humains, change la conception du rôle des gènes dans la construction de l'individu (l'ontogenèse) et dans les réorganisations anatomiques qui se produisent au cours de l'histoire évolutive (la phylogenèse). En plus de confirmer l'ascendance commune entre les espèces vivantes, ces découvertes montrent que de petites modifications dans la séquence génétique au niveau de ces gènes voire une simple différence dans la période pendant laquelle de tels gènes sont exprimés au cours de l'embryogenèse, peuvent avoir des effets très importants sur la morphologie de l'organisme. Cela montre que l'évolution ne consiste pas seulement à créer de nouveaux gènes par mutation mais aussi à changer la façon dont les gènes sont exprimés.

Parmi les autres découvertes de la biologie moléculaire, les mécanismes épigénétiques constituent une autre voie par laquelle de l'information peut être transmise "à côté" du seul code génétique. Ce type de transmission peut impliquer l'ADN, l'ARN ou les protéines ou les organites du cytoplasme cellulaire et peut être réversible ou non. L'un des processus épigénétiques les plus étudiés est la méthylation de l'ADN et son lien avec les modifications de la chromatine : ce mécanisme consiste en l'inactivation d'un gène par changement de la conformation de la chromatine du chromosome qui le porte. Ce changement rend le gène silencieux sans en affecter la séquence nucléotidique. Par conséquent, ce gène sera transmis "intact" mais silencieux aux générations suivantes. On pourra donc observer la résurgence d'un caractère ancestral plus tard dans la lignée simplement par réactivation du gène (via une reconformation de la chromatine, déclenchée par un évènement stressant dans l'environnement). L'importance de ces mécanismes épigénétiques est encore difficile à mesurer mais ils peuvent avoir des conséquences importantes dans l'explication de phénomènes qui ne respectent pas les lois de l'hérédité mendélienne.